Une vie si belle sans rhumatisme
Rouen,
Faut-il s’en féliciter, le rhumatisme fait recette. Samedi, médecin, chercheurs, kinés, infirmières membres d’association qui participaient, à Rouen, à la IIIe journée régionale consacrée à ce véritable fléau de santé ont accueilli des centaines de visiteurs.
Pas forcément des personnes âgées. « Le mal de dos, les douleurs articulaires frappent à tout moment de la vie, » a répété le Pr Le Loët, chef du service de rhumatologie au CHU de Rouen à des patients de passage venus chercher conseils ou réconfort auprès des spécialistes qui font du diagnostic précoce leur premier allié.
La polyarthrite qui affecte 1% des adultes en France environ
15 000 Haut-Normands, était le thème majeur de la manifestation. Une maladie devenue priorité pour les chercheurs de la région qui ont entrepris une étude clinique et biologique avec l’aide de plusieurs laboratoires du CHU et de l’Inserm. Un projet soutenu financièrement par la Fondation pour la recherche médicale.
Ostéoporose (déminéralisation de l’os), arthrose (usure du cartilage des articulations) mais aussi spondylarthrite, fibromalgye, syndrome de Gougerot-Sjôren (qui touche les glandes salivaires et lacrymales) ou arthrite chronique de l’enfant…
Car le rhumatisme ne sélectionne pas ses proies, il les agresse, à tous âges.
Yoann, 13 ans, souffre depuis sept ans d’arthrite juvénile sous la forme systémique (naguère appelée maladie de still). Jean-Yves Bozec, son père, un ingénieur caennais, milite depuis au sein de l’association Kourir « pour mettre les parents en garde. Nous avons perdu plus de trois mois avant de découvrir que Yoann était atteint de ce rhumatisme évolutif. Au départ, il se plaignait d’une douleur à l’articulation du petit doigt. Le médecin n’a pas décelé de symptôme particulier annonciateur d’arthrite. » Le diagnostic est tombé. « Nous avons tout de suite pensé aux conséquences du traitement à base de cortisone. Les corticoïdes empêchent de grandir normalement. »
Aujourd’hui, pourtant, Yoann élève de 4e, mène une vie comme tous les ados de son âge. Il joue au foot, s’amuse, « en fait, il fuit la maladie », confie son père qui ne perd pas pour autant confiance. « J’ai espoir. Grâce à des protocoles d’accord, on peut obtenir des traitements avec des hormones de croissance. »
Une dizaine de milliers d’enfants souffrent de rhumatisme juvénile en France (systémique, polyarticulaire ou oligoarticulaire). Une vingtaine de cas, seulement, sont répertoriés en Normandie. « On est certainement loin de la vérité, » remarque le papa de Yoann, prêt à aider ou informer des parents comme lui. Son numéro de téléphone (également fax) :
02 31 24 57 69
Bernadette MULLER.