Cahier " jeunes" !


HISTOIRE

Le p’tit ver de terre

            Il était une fois, un p’tit ver de terre d’une nature curieuse qui habitait dans une ferme. Il était bien décidé à découvrir le vaste monde.

            Le p’tit ver regardait souvent vers le mur qui entourait la ferme et il se demandait à quoi pouvait ressembler le vaste monde de derrière. Il entendait souvent le vieux chien de monsieur Fermier qui racontait qu’il y avait de grandes étendues remplies de couleurs merveilleuses. Par contre, monsieur l’âne disait que le vaste monde était un chemin tout gris qui n’en finissait pas. Le p’tit verre de terre préférait croire monsieur le chien…..

            Un beau jour, ne pouvant plus résister à son besoin de découverte du vaste monde, il décida de faire son bagage et sans rien dire à personne se hissa sur la botte du petit garçon de monsieur et madame Fermier qui s’en allait à “ l’école ”. Le p’tit ver pensait que c’était le nom que donnaient les “ géants ” au vaste monde qui était derrière le mur de la ferme.

            Quelle peur eut une petite fille qui venait de croiser le petit garçon sur le chemin du vaste monde en voyant le p’tit ver de terre sur la botte !

- Quelle horrible bestiole ! S’exclamèrent les deux enfants dégoûtés.

Le garçon secoua aussitôt sa botte et le p’tit ver tomba un peu plus loin. Heureusement qu’il était fluet et agile car il put ainsi échapper aux pieds meurtriers qui tentaient de l’écraser.

- Ouf, sauvé ! S’exclama le p’tit verre de terre une fois le danger passé, et s’éloigna.

            Après beaucoup d’efforts, il arriva en haut d’un rocher pour contempler le vaste monde.

- Oh ! Le vieux chien avait raison, le monde est rempli de couleurs !

Soudain un phénomène étrange attira son attention : une ribambelle de papillons virevoltait entre les fleurs. Ce spectacle émerveilla tant le p’tit verre de terre qu’il s’exclama haut et fort :

- Comme c’est beau !  Des fleurs volantes ! …..

L’un d’eux, qui volait près du p’tit ver éclata de rire tout en s’adressant à lui :

- Nous sommes des papillons et pas des fleurs volantes !

- Des papillons ! Répéta le p’tit ver de terre encore subjugué. Comme j’aimerais tant pouvoir voler moi aussi !

Mai déjà les papillons s’éloignaient. Un peu déçu de ne pas avoir eu le temps de parler avec les papillons, le p’tit ver descendit du rocher pour continuer sa route.

            Tout en rampant, il se disait que s’il pouvait voler, cela lui permettrait de découvrir le vaste monde plus vite et plus facilement.

Alors le p’tit ver de terre se mit en quête de trouver quelqu’un qui pouvait l’aider à découvrir le vaste monde en volant. Il interrogea tous ceux qu’il croisait sur son chemin. Le mot passa d’oreille en oreille, et bientôt tout le monde racontait l’histoire d’un p’tit ver qui voulait découvrir le vaste monde en volant.

            Des mois et des mois passèrent sans que le p’tit ver de terre ne trouva quelqu’un qui l’emmène découvrir le vaste monde en volant. Sans s’en apercevoir, il avait arpenté des kilomètres et des kilomètres  pour qu’aboutisse sa recherche, sans voir qu’il avait déjà fait la moitié du tour du vaste monde qu’il n’avait même pas vu.

            Un jour, épuisé, il s’arrêta à l’orée d’un bois pour se reposer. Soudain, une ombre masqua le dernier rayon de soleil. C’était un oiseau qui se posa à côté de lui avec un air sournois. Il entreprit de lui demander si c’était lui le p’tit ver de terre qui voulait partir à la découverte du vaste monde en volant. Fort heureux de cette rencontre, le p’tit ver acquiesça.

- Moi, je veux bien te faire voler pour que tu découvres le vaste monde, mais seulement il faudra que tu montes dans mon bec !

Insouciant, le p’tit ver de terre grimpa dans le bec de monsieur l’oiseau et sans prévenir, il se sentit projeté dans  les airs avec une telle force qu’il faillit en tomber.

            Soudain, il découvrait le vaste monde du ciel sans se soucier de quoi que ce soit. Il voulait aller de plus en plus loin, de plus en plus haut et rêvait déjà aux longs voyages qu’il allait pouvoir faire avec l’aide de monsieur l’oiseau qu’il trouvait si gentil.

            Le pauvre p’tit ver de terre n’eut pas le loisir de continuer à rêver. Avant qu’il s’en rende compte, cric-crac, monsieur l’oiseau l’avait avalé.

            Juste avant de perdre connaissance, il eut quand-même le temps de penser :

- Ca y est ! Je vais aller où le vaste monde finit et revenir à la ferme où j’habitais pour leur raconter que lui, le p’tit ver de terre avait découvert le vaste monde en volant.

            Les animaux de la ferme eurent vent de l’histoire du p’tit ver de terre qui voulait découvrir le vaste monde en volant. Nul ne sut s’il y était arrivé, mais dans un coin de la ferme se trouvait madame Cigogne, qui avait connu le p’tit ver de terre et déclara un jour :

- Moi, j’aurais bien voulu le lui faire découvrir en volant s’il me l’avait demandé, car j’aurais aimé avoir la compagnie d’un ami pour mes longs voyages à travers le vaste monde !

Stéphanie.A

FIN