Portes ouvertes au Laboratoire de Recherche

sur la Polyarthrite Rhumatoïde


Le Pr Cornélis organisait le 14 mai dernier une après-midi "Portes ouvertes" dans son laboratoire de recherche sur la Polyarthrite Rhumatoïde à Evry. Nous étions quelques adhérents de Kourir à y participer : Danièle et Pascal Charry, accompagnés de Candice, Marie-Anne Debarre, et Mr et Mme Bigot, venus de Lille. Le laboratoire est implanté sur le site du Génopole. Le site à été mis en place par l'Etat afin de favoriser le développement de nouvelles technologies en matière génétique (humaine, animale, végétale).

La vocation du laboratoire de recherche sur la Polyarthrite Rhumatoïde est l'étude des prédispositions génétiques à la maladie, la recherche de facteurs génétiques, afin d'empêcher la maladie de se développer, et plus tard, de pouvoir même la stopper.

Le but de la visite est de nous faire suivre le circuit de l'ADN.

Tout commence par une prise de sang. L'ADN (solution incolore et inodore) est récupéré dans un tube. L'échantillon d'ADN est constitué de 3 milliards de caractères.

Les chercheurs vont rechercher à la loupe biologique les variants génétiques qui prédisposent au déclenchement de la maladie. Pour cela, chaque chromosome doit être examiné séparément.

L'évolution de la technologie a permis de faire beaucoup de progrès dans l'examen à la loupe biologique. Il y a 10 ans, on ne pouvait faire qu'une expérience à la fois. Aujourd'hui, on utilise des "plaques" qui permettent d'effectuer 192 expériences simultanément.

Malgré ces progrès, la recherche génétique est très longue. L'enchaînement du génome n'est pas encore connu. On connaît cependant le message de certains chromosomes. Par exemple, concernant le chromosome 24 (le plus petit chromosome), qui est tout de même composé de 33 millions de caractères, 32,5 millions ont été décryptés. Il en reste 500 000.

Le Génoscope étudie actuellement le chromosome n°14, qui comprend 200 millions de lettres. Pour une recherche plus rapide, chaque centre étudie les chromosomes en parallèle. On estime que d'ici 2003, on sera capable de décrypter 99% des lettres. Les dernières lettres sont toujours les plus difficiles à décrypter.

La visite se poursuit dans une deuxième pièce, climatisée. Les plaques contenant les échantillons d'ADN sont déposées dans un moule qui est placé dans une machine. On passe ensuite un "filet" sur les chromosomes. Les "filets" existant jusqu'alors étaient constitués de 300 mailles. Un chercheur du laboratoire confectionne actuellement un filet à 1200 mailles, afin de retenir un plus grand nombre d'informations.

On ajoute aux chromosomes un réactif spécifique. La "machine" est une sorte de thermomètre qui change de température selon un rythme précis.

Il est presque impossible de visualiser seulement 2 chromosomes. Pour permettre la visualisation des chromosomes étudiés, on les duplique pour obtenir 10 000 copies qui se superposent à l'endroit de la maille souhaitée. Les copies des chromosomes sont déposées sur un gel entre 2 plaques de verre : le gel sépare les chromosomes. Les échantillons sont marqués avec une substance fluorescente et le gène est balayé par un rayon laser. Les informations sont ensuite récupérées dans un ordinateur.

Actuellement, on est capable d'étudier 36 individus en simultané. L'étude porte sur des familles dont 2 enfants sont atteints de Polyarthrite Rhumatoïde.

Les variants des chromosomes apparaissent à l'écran sous forme de "pics" sous lesquels s'affichent des étiquettes. Deux étiquettes indiquent que les 2 chromosomes sont différents. Une seule étiquette indique que les chromosomes sont identiques.

Cela permet de comparer les frères et sœurs, (non jumeaux), de voir si la ressemblance est plus grande que ne le prévoit les lois de la génétique, et d'identifier les variants pouvant être à l'origine de la Polyarthrite Rhumatoïde.

La recherche porte sur des régions spécifiques des chromosomes.

La difficulté, pour la Polyarthrite Rhumatoïde, vient du fait que les facteurs ne sont probablement pas uniquement génétiques. Les plus difficiles à identifier sont les facteurs environnementaux.

Le facteur génétique constitue un outil pour la recherche. On cherche des facteurs de risque, pas des facteurs de fatalité.

Dans la recherche génétique, la difficulté principale consiste à formuler une hypothèse. La mise au point d'un test pour cette hypothèse demande environ 3 mois de travail, et le test lui-même est réalisé en 1 journée.

Les chercheurs ont noté que les mêmes hypothèses aboutissent souvent à une inflammation articulaire. Les recherches sur la polyarthrite rhumatoïde pourront donc servir à l'AJI.

Le laboratoire s'attache à identifier la ou les lettres les plus fréquentes chez les personnes atteintes de Polyarthrite Rhumatoïde.

Le laboratoire de recherche est européen. Il s'agit d'une équipe de 10 instituts représentant 7 pays différents. Aujourd'hui, la France a décidé d'ouvrir le laboratoire au monde entier. Des chercheurs canadiens viendront prochainement tester leurs hypothèses. Avec l'ouverture du laboratoire au monde entier, il sera possible d'établir des corrélations avec les études réalisées aux Usa, au Japon.

Toutes les expériences réalisées au laboratoire sont supervisées et toutes les données sont archivées, ce qui permet de garantir un contrôle de la qualité des données ainsi qu'une maîtrise des données.

Un problème risque de se poser si le laboratoire reçoit trop de demandes de chercheurs pour tester des hypothèses. Heureusement, c'est loin d'être le cas, puisque le laboratoire peut accueillir simultanément 3 personnes.

Le professeur Cornelis conclut la visite en insistant sur la possibilité pour un chercheur de venir au laboratoire pour tester une hypothèse sur une maladie rhumatismale.

En ce qui concerne la recherche sur l'AJI, la première étape est de constituer la Banque ADN, un minimum de 100 familles par type d’arthrite est nécessaire pour débuter les recherches. L’Association Kourir participe financièrement à la constitution de cette banque. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un chercheur coûte environ 300KF par an et qu'il faut aussi compter environ 10KF pour les consommables du laboratoire. Le professeur Cornelis mettrait ses locaux ainsi que les mises au point des tests à la disposition des chercheurs.

Il nous fait partager son enthousiasme et nous assure que les recherches aboutiront d'ici quelques années.

Aujourd'hui, tous les espoirs sont permis!

Bibliographie : Zoom sur la génétique (Hachette Jeunesse).

 

Ce texte est un récit d’une après-midi passée au Laboratoire du Professeur Cornélis mais ne fait aucunement office d’article médical ou scientifique.

S’il contient des erreurs, veuillez nous pardonner.

Danièle et Pascal Charry