Association de Recherche sur la Polyarthrite
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COMPTE RENDU la 11ème journée de l’A.R.P
20 OCTOBRE 2000

La 11e Journée de l'ARP a, comme chaque année, été consacrée aux présentations orales des travaux de tous les chercheurs subventionnés en 2000. Ces travaux ayant déjà fait l’objet d’un bilan écrit, suivi et contrôlé par le Conseil Scientifique depuis le mois de juin. La Journée de l’ARP permet ainsi à tous les participants, Conseil Scientifique, Conseil d’Administration et chefs de services rhumatologie d’échanger et de débattre, ensemble, des résultats obtenus. Elle s'est déroulée le 20 Octobre 2000 dans un climat de grande convivialité.

Si les grands thèmes de recherche sur la polyarthrite (PR) et l'arthrite chronique juvénile (ACJ) restent les mêmes : la génétique, l'immunité, l'inflammation et les nouveaux médicaments, la part respective des travaux présentés dans chaque thème change. En effet, si les études sur l'immunité restent prédominantes, les travaux portant sur la génétique et sur la compréhension des mécanismes de la réaction inflammatoire sont plus nombreux : en effet, c'est à partir de ces deux dernières approches que pourraient venir des avancées permettant d'identifier le ou les gènes de la polyarthrite et de l'ACJ et de mettre au point de nouveaux médicaments.

Génétique : Où en est-on dans la recherche des gènes de la PR et de l’ACJ

Grâce à un soutien important de l'ARP et de collaborations impliquant plusieurs centres européens, un criblage systématique du génome de la polyarthrite se poursuit. Pour faire cette recherche, il faut collecter de l'ADN des malades et de leur famille et effectuer un travail considérable impliquant des moyens techniques et humains importants. A côté de cette recherche systématique, une recherche a commencé étudiant des gènes "candidats" sur l'ADN collecté. Cette dernière recherche se fait avec l'hypothèse qu'un ou plusieurs gènes pourraient être impliqués dans la PR et l'ACJ, le gène étant considéré comme "candidat" à partir d'observations scientifiques. Ces deux types de stratégies ont récemment été également appliquées à d'autres pathologies rhumatismales, les spondylarthrites, dans lesquelles les facteurs de prédisposition génétiques jouent une part importante. Il s'agit de travaux de longue haleine qui demandent à être réalisés sur un très grand nombre d'échantillons mais dont les résultats pourraient apporter des éléments décisifs dans la compréhension des mécanismes mis en jeu. A ce jour, aucun gène n'a pu être retenu avec certitude.

Immunité : où en est-on dans la recherche des antigènes impliqués

Si d'un côté on cherche les gènes impliqués dans la PR et l’ACJ , une autre approche consiste à chercher si un antigène serait impliqué dans le développement et/ou l'entretien de ces maladies 1.

De nombreux antigènes ont été identifiés : d'origine virale, bactérienne, ou humaine. Aucun n'a pu être incriminé comme responsable de la PR et l’ACJ , mais leur présence peut conduire à des exacerbations de la maladie.

Pour aller plus loin dans cette recherche, l'ARP participe à des travaux prometteurs utilisant une nouvelle technique appelée "analyse protéomique" qui crible toutes les protéines issues de cellules et tissus humains reconnues par les sérums des malades.

En utilisant cette approche très puissante, des chercheurs viennent d'identifier une population d'auto-anticorps anti-alpha-énolase. On peut donc espérer découvrir très prochainement de nouveaux antigènes potentiels de la PR et l’ACJ.

L'inflammation

Les mécanismes de la composante inflammatoire de la polyarthrite sont mieux connus que ceux de la composante immunitaire, ce qui explique les nombreuses tentatives des chercheurs pour mettre en évidence des cibles thérapeutiques au cours de cette phase de la maladie.

Dans ce domaine, une approche globale du "transcriptome" par la nouvelle technologie des puces à ADN représente une stratégie moderne et performante pour identifier à grande échelle des protéines dont l’expression varie constamment au cours de ces maladies. En effet, ces puces permettant d’analyser dans une seule expérience environ 6000 gènes différents sont maintenant disponibles et devraient fournir des résultats très informatifs dans un proche avenir. Ces variations d'expression de protéines indiqueront les cibles thérapeutiques préférentielles.

Nouvelles approches thérapeutiques

 La thérapie génique est une des nouvelles approches thérapeutiques qui se mettent en place. En utilisant le modèle de l’arthrite au collagène, une équipe a clairement établi l’efficacité d’un nouveau vecteur viral pour administrer une cytokine anti-inflammatoire l’IL‑4 par thérapie génique aux animaux. Non seulement, la tolérance s’est révélée bonne mais de plus, l’effet anti-inflammatoire a été durable.

 En conclusion

 La onzième journée de l’ARP a été dense et très riche en informations scientifiques originales. Beaucoup de travaux de haute qualité, abordant un grand nombre d’aspects de la polyarthrite ont contribué à apporter des éléments nouveaux dans la compréhension des mécanismes mis en jeu au cours de la maladie. L'ARP participe à la mise en place de nouvelles technologies puissantes : recherche sur le génome des malades et de leur famille, analyse protéomique, utilisation de puces à ADN, thérapie génique, qui font évoluer les connaissances sur la maladie de manière beaucoup plus rapide. Incontestablement, les chercheurs se motivent autour de l’objectif d’identifier des molécules sélectivement impliquées dans le processus physiopathologique de la polyarthrite adulte ou juvénile afin de découvrir des cibles thérapeutiques qui seront à la base des futurs traitements de la maladie.

 

1 Le gène et l’antigène ne sont pas forcément liés. L’antigène peut être la conséquence du fonctionnement d’un gène anormal.