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J’aimerais vous faire part de ce que je ressens face à l’Arthrite Chronique Juvénile.

Depuis l’âge de deux ans, je suis atteinte de la forme oligoarticulaire. Pendant toutes ces années, j’ai subi plusieurs opérations au niveau des articulations, mais aussi au niveau des yeux. Aujourd’hui, à l’âge de dix sept ans, la maladie est en train d’évoluer.

Le pédiatre m’a dit qu’elle avait pris la forme polyarticulaire. Ce n’est pas facile de supporter la douleur provoquée par cette arthrite tous les jours. Certaines fois, je n’en peux plus et n’ai alors qu’un souhait : si seulement les chercheurs pouvaient trouver le remède contre cette maladie. Il arrive un moment où cacher sa souffrance devient très dur car on ne parvient plus à se contrôler et à surmonter la douleur.

C’est alors que l’entourage devient très important, en particulier les amis pour mon cas personnel. Peu d’entre eux sont au courant de ce que j’ai et comment je le vis, car je n’aime pas exposer mes soucis aux autres. Mais ceux qui le savent m’aident à surmonter les moments difficiles et me redonnent le sourire les jours où rien ne va plus. Je leur dois beaucoup et les remercie de tout mon cœur.

Au fond de moi, quand ça ne va pas bien physiquement et moralement (les deux sont en effet liés), je me force à sourire et à être agréable à l’égard des autres, car je me dis que les autres n’ont pas à supporter les conséquences de ma douleur. Seuls mes meilleurs amis comprennent que ça ne va pas bien! Je me dis aussi que j’ai de la chance car je ne suis pas dans un fauteuil roulant et car je suis en vie. Cela m’aide à relativiser et à profiter de ce que j’ai au lieu de me lamenter sur ce que je n’ai pas!

Je pense que les enfants atteints de ce genre de maladie apprennent beaucoup sur le bonheur, les relations humaines et sur la VIE. En effet, il ne se plaignent pas pour un rien et sont conscients qu’il y a toujours plus malheureux qu’eux. Cela aide à relativiser leur peine. Ainsi, je pense que cette arthrite, certes, est très handicapante, car elle provoque de grandes souffrances et ne facilite pas le quotidien. Mais elle nous permet aussi de mûrir plus vite et de devenir responsable avant les autres. C’est en lisant votre numéro de juin (24) que j’ai voulu réagir car j’étais entièrement d’accord avec Chrissy (cf : voler de ses propres ailes). En effet, elle affirmait que « l’Arthrite avait bouleversé sa vie mais en bien, car cela l’avait fait mûrir plus vite. Le plus important est de savoir gérer sa maladie ».

Je conclurai donc en disant que cette phrase est un véritable message d’espoir pour tous les enfants atteints d’Arthrite. En fait, il faut arriver à regarder plus loin que le seuil de la souffrance et se rendre compte de tout ce qu’elle peut nous apporter dans la vie de tous les jours.

Voilà, j’espère que, peu à peu, tous les enfants prendront conscience de cela, et que ce message d’espoir rallumera dans leur cœur la flamme de bonheur qui est parfois tellement absente chez les personnes en bonne santé.

Je vous fais à tous de gros bisous.

                                                                    Véronique Sicard

PS : J’aimerais que des personnes de mon âge me fassent part de leurs sentiments face à cette maladie.

Je vous remercie d’avance.