Le globe oculaire est l'organe récepteur de la vision. Les impressions lumineuses que recueille la rétine sont transmises au cerveau par l'intermédiaire du nerf optique et des voies optiques pour y être interprétées. Dans l'orbite, le globe oculaire est mobilisé par des muscles oculomoteurs et protégé par les paupières. Il mesure en moyenne 25 mm dans son diamètre antéro-postérieur. 

- la sclère qui est une coque rigide avasculaire prolongée en avant par un hublot transparent : la cornée.
- l'uvée est un tissu richement vascularisé qui comprend l'iris, le corps ciliaire, la choroïde.
L'iris est un diaphragme musculaire qui modifie la taille de la pupille (orifice au centre de l'iris) en fonction de la luminosité. La couleur de l'iris varie selon les individus en fonction du nombre de cellules pigmentées.
Le corps ciliaire a deux fonctions : la sécrétion de l'humeur aqueuse qui donne au globe oculaire son tonus et le muscle ciliaire qui permet l'accommodation.
- La rétine est l'organe sensoriel, elle repose sur l'épithélium pigmenté. Il existe deux sortes de cellules nerveuses visuelles : - les cônes, responsables de la vision précise et de la vision des couleurs qui sont situés au fond de la fovéa, située elle-même au niveau de la macula ; les bâtonnets, responsables de la vision grossière des formes et de la vision nocturne qui sont répartis au sein de la rétine périphérique (Fig. n°2). Les cellules visuelles s'articulent avec un premier puis un deuxième neurone, la cellule ganglionnaire dont les axones (prolongement issu du neurone et assurant la conduction de l'influx nerveux) se regroupent au sein de la papille pour former le nerf optique. Les informations provenant de la rétine sont conduites au cerveau au niveau du globe occipital pour être interprétées (Fig. n°3).
- l'humeur aqueuse sécrétée par le corps ciliaire, elle baigne la chambre antérieure et est résorbée au niveau de l'angle irido-cornéen.
- Le corps vitré, gel d'acide hyaluronique remplissant le segment postérieur de l'oeil. Il est adhérent à la face postérieure du cristallin et à la rétine chez le sujet jeune puis se décolle de la partie postérieure de la rétine avec l'âge constituant le décollement postérieur du vitré.
Les affections inflammatoires de l'uvée (iris, corps ciliaire, choroïde) sont regroupées sous le terme d'uvéite.
Il existe plusieurs classifications établies selon des critères cliniques, sémiologiques, topographiques, étiologiques.
Les symptômes sont variables selon la forme aiguë ou chronique et la localisation de l'inflammation.
L'uvéite antérieure regroupe les iritis, cyclite et iridocyclite (correspond à l'inflammation du segment antérieur de l'oeil, iris et/ou corps ciliaire) Fig. n°4. Elle se traduit par un oeil rouge et douloureux, avec une baisse de la vision variable. L'examen retrouve un effet tyndall dans la chambre antérieure (des protéines et des cellules inflammatoires sont en suspension dans l'humeur aqueuse). Ces cellules en suspension peuvent se déposer sur la face interne de la cornée formant des précipités rétrodescemétiques. L'iris est peu mobile, la pupille est resserrée (myosis). Des adhérences entre l'iris et le cristallin peuvent se former (synéchies irido-cristalliniènes) et gêner la dilatation de la pupille et donc l'examen du fond de l'oeil. La pression intra-oculaire est parfois élevée.
L'uvéite intermédiaire se traduit par un brouillard visuel et des mouches volantes. A l'examen des cellules inflammatoires sont présentes dans le vitré antérieur et se déposent sur le Pars plana. On retrouve parfois un exsudat inflammatoire appelé banquise qui recouvre le pars plana (pars planite). Il peut s'y associer des vascularites (engainement inflammatoire autour des vaisseaux rétiniens), un oedème papillaire ou un oedème maculaire inflammatoire.
L'uvéite postérieure se traduit par un brouillard visuel et une baisse de l'acuité visuelle parfois très importante. Il n'y a ni rougeur ni douleur de l'oeil. A l'examen, l'inflammation du vitré (hyalite) est fréquente. Il peut s'y associer des vascularites, des foyers de rétinite, de choroïdite, de rétinochoroïdite, une papillite (oedème papillaire inflammatoire), un oedème maculaire.
Le diagnostic d'uvéite repose sur l'examen clinique ophtalmologique, l'angiographie rétinienne à la fluorescéine, le champ visuel.
Uvéites d'origines infectieuses : il existe souvent une composante infectieuse et une réaction immunitaire d'hypersensibilité.
Les plus fréquentes sont : la tuberculose, la syphilis, la maladie de lyme (transmise par une piqûre de tique), la leptospirose.
La toxoplasmose est une cause fréquente de rétinochoroïdite de l'enfant et de l'adulte jeune. Il s'agit d'une infection par un parasite (protozoaire) intracellulaire. Le parasite est transmis à l'enfant pendant la grossesse lors de l'infection de la mère non immunisée. La toxocarose est une infection liée à un parasite du chien.
Uvéites liées aux maladies inflammatoires générales :
Uvéite et "rhumatisme" : les uvéites liées à l'antigène HLA B27 sont le plus souvent des uvéites antérieures aiguës fibrineuses. Une maladie inflammatoire générale peut y être associée : spondylarthrite ankylosante (inflammation articulaire du rachis dorso-lombaire), rectocolite hémorragique, maladie ce Crohn (inflammation du tube digestif), rhumatisme psoriasique.
L'arthrite chronique juvénile surtout dans sa forme mono ou oligoarticulaire peut se compliquer d'uvéite.
Sarcoïdose : cette affection, de cause inconnue, liée à un granulome épithélio-giganto cellulaire peut atteindre la plupart des organes. L'atteinte de l'oeil détermine une uvéite qui peut être antérieure, intermédiaire ou postérieure volontiers granulomateuse.
D'autres maladies du système peuvent s'associer à une uvéite : maladie de Bêhçet, maladie de Vogt-Koyanagi-Harada, maladie de Wegener, lupus érythémateux disséminé...
A suivre...